C’était un rêve plutôt bizarre, mais à la fois apaisant. J’ai rêvé que je me voyais au salon mortuaire, dans mon cercueil, en plein milieu de la salle. Ma conjointe est avec moi. Elle me voit et m’entends. On regarde ma famille pénétrer dans le salon et venir à ma rencontre. Les gens ne semblent pas si tristes que ça de ma mort (pas parce que je m’attends à plus de larmes à mon décès, mais je vous décris ce que j’ai vu). Certaines personnes me voient (dont une responsable web que je connais que sur les médias sociaux…), d’autres m’entendent seulement et certaines, rien du tout. La scène me paraît surréaliste. Des affiches sont installées près de mon cercueil. Je peine à me souvenir de leur contenu, mais un commentaire attire mon attention. Quelqu’un demande ce que signifie ces mots sur l’affiche et ma conjointe de répondre : ah ça c’est juste des memes…
Et c’est le moment de se réveiller. De sortir D’un songe qui me laisse avec plein d’interrogation. Je sais que rêver à la mort est perçu positif dans le milieu du rêve, mais rêver à ma mort? Je suis donc partie à la recherche d’explication et honnêtement, ce qui en ressort n’est pas bête du tout.
Première option : mon esprit est peut-être en train de faire le deuil d’une ancienne version de moi-même, d’une habitude, d’une façon de penser ou d’une étape de ma vie qui est « morte » pour laisser place à du nouveau. C’est quand même fascinant comment ça aurait du sens. Je vis ces derniers temps beaucoup de réflexion dans ma carrière d’autrice, dans ma vie, dans mon travail alimentaire. Si on ne se fit qu’à ma carrière d’autrice, j’ai passé tout l’été à me remettre en question, à revoir mes communications, à revoir mon image. Mais la coïncidence avec mon rêve arrive au moment où je prends la décision de prendre une formation sur comment mieux planifier mes romans. Améliorer cette facette de ma vie. Mon cerveau voulait-il me montrer qu’il faisait le deuil de mon ancienne manière de fonctionner?
Deuxième option : Le fait que certaines personnes me voient et m’entendent, que d’autres ne font que m’entendre et certaines pas du tout fait-il un lien avec la communication et à la façon dont je me sens perçu dans mon entourage (ou pour ma carrière d’autrice sur les médias sociaux)? Je ne suis pas du genre à trop parler de ce qui se passe dans ma tête, surtout qu’en ce moment, je ressens les effets possibles de la préménopause (sensation de dépression sans raison entre autres). Mes difficultés mentales associées à celle de l’écriture, ce n’est pas vraiment quelque chose que je parle dans ma vie privée ou sur les médias sociaux (à part Thread un peu plus..). J’ai toujours l’impression que c’est mal vu de parler de ce qui ne va pas même si tout le monde dit, pour sa bonne conscience, « si y’a quelque chose, parle-moi ». Même sur Thread, là où je m’exprime un peu plus librement sur mes émotions liées à ma carrière d’autrice, les gens ne veulent pas entendre le négatif. Ce n’est pas vendeur quelqu’un qui se plaint..
Troisième option : Comme j’étais la seule à sembler être triste de ma mort, il semblerait que ça suggérerait que je suis peut-être seule à porter une tristesse, une nostalgie ou un poids émotionnel. Que je garde ça pour moi ou que j’ai l’impression de le vivre seul dans que mon entourage ne réalise l’ampleur de ce que je ressens. J’ai trouvé cette analyse très poussée, mais si on la décortique, elle revient un peu en lien avec la deuxième option. Parce que si on pense à ma vie d’autrice (je ne vois pas de lien avec ma vie personnelle), c’est difficile pour moi de dire aux gens : « j’ai de la difficulté à écrire maintenant » et que je jongle avec l’idée que c’est peut-être fini pour moi l’écriture. Et ça, ça me pèse. Parce que ça fait presque 10 ans que c’est ma passion et que maintenant, je me sens vidée, bloquée, stagnante. Mais qui peut comprendre autour de moi?
Dernière option : Se voir de l’extérieur montrerait souvent que notre esprit prend du recul, que c’est une invitation à analyser notre situation actuelle, nos relations et nos aspirations profondes. Encore une fois, je ne vois aucun lien avec ma vie personnelle. Tous les liens pointent vers ma carrière d’autrice encore ici. J’ai passé l’été à analyser ma situation et ce que je voudrais plus le futur. On dirait que d’accepter de faire une formation pour améliorer la planification de mes romans a fait dire à mon cerveau : « Ok t’es en train de réévaluer comment tu fonctionnes comme autrice depuis toujours », comme si je remettais en question tout ce que j’ai fait depuis 2017 ou du moins, qu’enfin, je me permettais d’admettre que j’avais besoin d’aide pour aller plus loin.
Bref, ce rêve m’a marqué et arrive le lendemain de ma décision de me former pour m’améliorer. Comme quoi la mort n’est pas la fin toutes les fois.

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